Notre cerveau fonctionne grâce à des impulsions électriques qui le traversent en permanence : on les appelle les ondes cérébrales. Elles lui permettent de s’adapter et de réagir convenablement aux situations qu’il rencontre.
Ces impulsions électriques ont des impacts bien particulier, et nos comportements et états intérieurs en sont directement influencés.

Petit détour historique

Le neurologue allemand Hans Berger découvre l’existence des ondes cérébrales dans les années 20, grâce à l’encéphalogramme.
Rapidement, il les met en corrélation avec différents états de conscience. Il se rend compte que des activités différentes peuvent induire des signaux électriques différents, ce qui renvoie à des ondes cérébrales différentes. La fréquence d’émission se mesure en Hertz.

Un onde ressemble à cela, lorsqu’elle apparait sur l’électrocardiogramme:

Pour vous faire une idée, 1 Hertz équivaut à 1 oscillation par seconde. 28 Hertz équivalent donc à 28 oscillations par seconde: c’est beaucoup plus rapide et cela entraine une activité plus intense dans le cerveau.

Cinq ondes cérébrales ont pu être identifiées à ce jour:

  • Les ondes Bêta (de 13 à 26 Hertz)
  • Les ondes Gamma (28 Hertz ou plus)
  • Les ondes Alpha (8 à 13 Hertz)
  • Les ondes Thêta (4 à 8 Hertz)
  • Les ondes Delta (4-5 Hz)

Les ondes cérébrales Bêta

Les ondes bêta sont celles que nous émettons le plus souvent au cours de la journée. Elles prédominent lorsque notre cerveau a un fonctionnement « normal », lorsqu’il est état de vigilance. Quand nous travaillons à un rythme modéré, lorsque nous effectuons les taches du quotidien, lorsque nous faisons nos courses, il y a de fortes chances pour que nous soyons en train d’émettre des ondes bêta.

Les ondes cérébrales Gamma

Avez-vous déjà participé à une partie d’échec face à un joueur extrêmement qualifié, et pour laquelle l’enjeu est de taille ? Imaginez le niveau de concentration que vous devez maintenir constamment pour garder trois coups d’avance sur votre adversaire. Pour anticiper chacun de ces coups potentiels et savoir, pour chaque possibilité, ce que vous allez faire. Beaucoup de personnes (et j’en fais partie), ont le cerveau qui surchauffe dans ses situations-là. Ce niveau de concentration-là, c’est celui que vous pouvez assurer si votre cerveau émet suffisamment d’ ondes gamma.

Les ondes cérébrales Alpha

Imaginez: au cours d’une balade sur la plage, vous décidez de vous asseoir sur le sable pour contempler le clapotis des vagues. Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid, la température est parfaite. Vous sentez une douce brise caresser votre peau alors que vous profitez de ce paysage radieux. Vos doigts filtrent les grains de sables et leur contact vous procure une satisfaction intense : vous êtes en état de relaxation légère, et votre cerveau émet des ondes alphas.

Les ondes cérébrales Thêta

Vous êtes tellement bien sur cette plage, là, assis sur le sable, que vous décidez de prolonger ce moment. Les battements de votre cœur se sont bien ralentis suite à l’arrêt de la marche. Vous les sentez calmes, plus espacés. Vous êtes maintenant tout à fait immobiles, tellement détendus que vous fermez vos yeux et plongez dans un état de méditation profond. Les rayons du soleil vous enveloppent et réchauffent votre peau. Votre mental est calme et serein. D’ici quelques minutes, votre cerveau génèrera des ondes thêta. Elles sont les ondes caractéristiques des premières phases du sommeil.

Les ondes cérébrales Delta

Vous avez atteint un niveau de détente tel que vous vous êtes endormis sur le sable, et avez entamé votre nuit. Les étoiles veilleront sur votre sommeil et vous ne vous réveillerez que le lendemain matin. N’ayez crainte, la marée ne vous atteindra pas, vous êtes en sécurité. Vous dormez profondément et rien ne peut perturber votre sommeil. Tant et si bien, qu’en plus, vous vous mettez à rêver que vous dormez. A ce moment-là, nul doute, votre cerveau émet majoritairement des ondes delta. Elles sont les ondes caractéristiques des dernières phases du sommeil.

Comment influencer consciemment nos fréquences cérébrales ?

L’émission des ondes de notre cerveau semble échapper à notre contrôle. Pourtant, ce n’est pas totalement vrai. Il est tout à fait possible d’induire des changements d’états de conscience, en induisant des modifications d’ondes cérébrales.

On cherchera, par exemple, à stimuler nos ondes alpha ou thêta, pour optimiser un état de bien-être et de sérénité. Lors d’une situation particulièrement stressante, par exemple, il peut être bénéfique de prendre un temps pour pratiquer un exercice de méditation ou de respiration consciente. Ceci limitera les effets dévastateurs de l’angoisse et il sera ensuite plus facile de faire face à cette situation, grâce à cet état apaisé.

Certaines modifications sont évidemment plus faciles à induire que d’autres.

Des techniques, dites de « neurofeedback », permettent à des professionnels qualifiés de moduler les ondes cérébrales d’une personne en vue de corriger un déséquilibre particulier.

Ondes cérébrales visibles grâce aux éléctrodes

Cette technique a prouvé son efficacité pour des problématiques multiples, tels que:

  • Les troubles du sommeil
  • L’insomnie
  • Le stress
  • L’hyperactivité
  • Les troubles de l’attention
  • L’autisme
  • Les syndromes de stress post-traumatique
  • L’épilepsie

C’est à l’aide d’exercices mentaux, visuels ou auditifs que certains signaux peuvent être limités et d’autres encouragés, afin de produire le rééquilibrage recherché. Ces modifications sont visibles sur l’électrocardiogramme, grâce aux électrodes qui sont posés à même la tête et qui reçoivent les différents signaux électriques émis par le cerveau. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est une technique non invasive qui ne fait que recevoir et qui n’émet pas de courant électrique traversant le cerveau.

Certaines ondes sont-elles plus bénéfiques que d’autres?

Au premier abord, on peut facilement imaginer que les ondes alphas sont la panacée, puisqu’elles induisent un bien-être profond. Les ondes gamma, elles, sur-sollicitent notre cerveau de par la concentration accrue qu’elles induisent. Cet état de tension permanent peut donc effectivement devenir toxique au-delà d’un certain seuil. On pourrait donc penser qu’elles sont à bannir au profit des ondes alpha. Après tout, qui ne veut pas baigner dans un état de bien-être intense, chaque minute de sa vie?

Et bien la réalité est bien plus complexe et nuancée !

Demeurer en état d’ondes alpha, dans un état relaxation éveillé perpétuel, peut aussi s’avérer contre-productif suivant la situation. Le cerveau, dans cet état, perd toute sa vigilance, et il est des situations où ces ondes, si elles sont les seules à gérer la situation, ne sauraient être d’une aide bien précieuse.
Par exemple, si nous avons sous notre surveillance un groupe d’enfant dans une zone à risque, il n’y a plus qu’à espérer que les ondes gamma soient au rendez-vous. Elles nous permettront de maintenir une activité mentale capable de maitriser la situation grâce à notre hypervigilance. A contrario, si pendant qu’un enfant joue avec une prise électrique, vous êtes en fascination contemplative face à une fleur parce que votre cerveau baigne dans les ondes alpha, vous comprendrez bien qu’un drame peut rapidement arriver !

En conclusion, il n’existe pas de « bonne » ou de « mauvaise » onde, tout est une question d’harmonie et d’équilibre! L’idéal est que votre cerveau puisse passer d’une onde cérébrale à une autre en toute fluidité suivant les situations que vous traversez. Il peut être toutefois utile de s’entrainer à induire temporairement des modifications de celles-ci au gré des besoins.

Et vous, quelles sont les ondes cérébrales que vous auriez-vous le plus besoin de développer en ce moment ?

N’hésitez pas à nous partager votre réponse en commentaire ! 🙂

Sources :

  • Le cerveau dans tous ses états, Elena Sender, Sciences et Avenir, 2016
  • Un si brillant cerveau , les états limites de conscience, Steven Laureys, Odile Jacob, 2015
  • Le corps subtil, la grande encyclopédie de l’anatomie énérgétique, Cindy Dale, Macro Editions, 2013
  • Le neurofeedback, ou comment contrôler son cerveau pour traiter des maladies, Emmanuelle Blanc, Santé Magasine, 2019

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