Avez-vous déjà entendu parler de la chambre anéchoïque ?


Dans l’inconscient collectif, le silence est synonyme de paix, de sérénité ou de repos . A l’inverse, le bruit est source d’agitation, de tension, de dispersion. Lorsque nous sommes éreintés par le vacarme du quotidien, l’idée de plonger entièrement la tête dans l’eau pour nous couper de toute source de perturbation parait très tentante !

La méditation authentique implique elle aussi le silence, puisque c’est dans ces conditions que nous pouvons apprendre à maitriser notre esprit. C’est grâce au silence que nous arrivons à nous extraire progressivement de notre brouhaha mental. Exercice difficile et paradoxal, puisque le silence extérieur vient à ce moment-là exacerber les voix intérieures.

Il est une autre condition extrême capable de décupler ce phénomène : celle de la chambre anéchoïque.

Une chambre anéchoïque, c’est quoi ?

chambre anéchoïque

Initialement, les chambres anéchoïques ont été conçues pour pouvoir observer, mesurer et caractériser des ondes acoustiques et électromagnétiques. Grâce aux parois hautement isolantes des murs , toute vibration sonore et champ électromagnétique provenant de l’extérieur est absorbé. De cette manière, l’instrument de mesure peut capter seulement et entièrement l’onde qu’il a besoin d’étudier, sans risquer de capter certaines émissions provenant de l’extérieur ou celles ayant subies des réverbérations (étymologiquement, « anéchoïque » = « sans écho »). Cela permet alors d’obtenir des mesures absolument exactes des ondes étudiées.

Outre cette utilisation à fin scientifique, certaines chambres sont mises à disposition du grand public, pour l’ expérience hors du commun qu’elles proposent. Elles sont considérées comme les endroits les plus silencieux du monde. Elles abritent un silence que nous ne pouvons expérimenter nulle part ailleurs sur Terre. A l’intérieur de cette chambre, on est complètement coupés du monde. Tous les sons générés à l’intérieur de cette chambre (par nous) sont dorénavant les seuls que nous entendons, puisque nous sommes seuls dans cette pièce.

Dit comme ça, ça peut paraitre anodins et pas franchement alléchant !

MAIS ce qu’il faut réaliser, c’est que les sons que l’on génère à ce moment-là paraissent excessivement décuplés !
Jusqu’à aujourd’hui, personne n’a pu tenir plus d’une heure dans ces conditions. L’expérience que cela propose est tellement déstabilisante qu’elle peut provoquer des sensations de mal être, des hallucinations, de la claustrophobie et des crises de paniques. Elle pourrait même faire sombrer dans la folie.

Il existe plusieurs chambres anéchoïques ouvertes au public en France. Certaines sont cependant plus insonorisées que d’autres. L’idéal est que l’absorption sonore et électromagnétique soit supérieure à 95 %.

Concrètement, ça fait quoi un excès de silence ?

Imaginez un silence tel que vous entendez le sang circuler dans vos veines. Le son de votre déglutition et de votre salive qui se sécrète et s’écoule dans votre bouche. Vos oreilles qui sifflent en continue alors que vous n’y aviez jamais prêté attention. Vos articulations et vos os qui grincent et qui vous signalent que vous avez effectué un micromouvement, alors que vous êtes persuadé d’être resté parfaitement immobile. Les pulsations de votre cœur qui se font si présentes que vous pouvez les sentir physiquement. Elles vous rappellent l’effet des basses lors d’un concert de rock tant elles vous tamponnent la poitrine. Vous entendez le frottement de vos vêtements sur votre peau au moindre mouvement.
L’excès de silence devient alors assourdissant tellement les sons normalement imperceptibles deviennent omniprésents.

Outre le son, certaines personnes ressentent des vertiges et des nausées suite à la désorientation qu’induisent ces conditions extrêmes.

Effectivement, je pense qu’il y a moyen de devenir fou.

Ajoutons à cela nos pensées qui peuvent aussi en rajouter à ce moment-là et nous propulser dans un état de panique immédiat. Entendre avec autant de clarté le fonctionnement de notre machine vitale doit être excessivement perturbant. Être autant à l’écoute de notre vulnérabilité biologique d’être humain doit générer des émotions absolument inattendues.
Personnellement, j’aurai peur que la simple écoute et observation de mes fonctions vitales en action risque d’induire des perturbations majeures du système…

Alors non, pour ma part, je pense que je ne tiendrai pas longtemps non plus là-dedans !

Et vous ? L’avez-vous déjà expérimenté ?

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